Les meilleures marques de chaussures de running restent Asics, Brooks, Hoka, Nike, Adidas, Saucony et New Balance, avec Mizuno, On et Kiprun en challengers sérieux. La marque ne fait pas la chaussure pour autant : une paire haut de gamme qui ne colle pas à ton pied te causera plus d’ennuis qu’un modèle à 100 € bien choisi. Voici comment chaque marque se positionne, puis comment trier selon ton usage.
Avant la marque : ton usage et ton pied
Quatre questions règlent l’essentiel du choix : ton kilométrage hebdomadaire, le revêtement, ton gabarit et ton objectif (courir régulièrement, finir un 10 km, battre ton chrono au semi).
Un coureur qui fait 15 km hebdomadaires sur bitume cherche un amorti confortable et durable. Un trailer qui avale 60 km avec 2 000 m de D+ a besoin de grip, de protection contre les cailloux et de maintien en dévers.
La pronation, longtemps présentée comme le critère numéro un, a perdu de son poids. Une étude danoise publiée en 2014 dans le British Journal of Sports Medicine a suivi 927 coureurs débutants équipés de chaussures neutres : les pronateurs ne se sont pas davantage blessés que les autres sur un an. Les biomécaniciens parlent désormais de « filtre de confort » : la chaussure qui te paraît naturelle dès les premières foulées est souvent la bonne. Les modèles stabilisateurs restent utiles pour les pronations très marquées, idéalement après avis d’un podologue.
Dernier repère technique, le drop. C’est la différence de hauteur entre le talon et l’avant-pied, de 0 à 12 mm selon les modèles. Un drop de 8 à 10 mm convient à la majorité des coureurs qui attaquent par le talon. Un drop bas (0 à 6 mm) sollicite davantage les mollets et le tendon d’Achille.
Retour de terrain
Sur route comme en montagne, les coureurs blessés en début de saison ont rarement « la mauvaise marque ». Ils ont surtout doublé leur kilométrage en trois semaines ou changé de drop du jour au lendemain. Le matos ne rattrape pas une progression trop brutale.
Les marques de chaussures de running qui sortent du lot
Chaque marque a sa mousse maison et deux ou trois franchises renouvelées chaque année. Les numéros de version changent vite, les lignes restent : retiens les familles de modèles plutôt qu’une référence précise.
Asics, la référence de l’amorti
La marque japonaise de Kobe est un pilier du running depuis des décennies. Son gel intégré dans la semelle et ses mousses FF Blast équipent des gammes très lisibles : la Gel-Nimbus pour l’amorti maximal sur longue distance, la Gel-Kayano pour la stabilité, la Gel-Cumulus pour la polyvalence et la Novablast pour un rendu plus dynamique. Côté compétition, la Metaspeed vise les chronos.
Brooks, le spécialiste
Basée à Seattle, Brooks a fait le pari de se concentrer presque exclusivement sur la course à pied. Résultat : une gamme cohérente avec la Ghost (neutre et polyvalente), la Glycerin (très amortie) et l’Adrenaline GTS, dont le système GuideRails stabilise sans rigidifier. Confortables dès la sortie de boîte, elles encaissent beaucoup de kilomètres. Moins tape-à-l’œil que d’autres. Rarement décevantes.
Hoka, l’amorti maximaliste né à Annecy
Fondée en 2009 en Haute-Savoie par deux anciens de Salomon, Hoka a popularisé les semelles épaisses et la géométrie en bascule. La Clifton est la plus polyvalente de la gamme, la Bondi la plus amortie et la Mach la plus nerveuse. En trail, la Speedgoat est devenue un classique. Le ressenti du sol est faible : parfait pour protéger les articulations sur la durée, moins pour sentir le terrain technique.
Nike, de la Pegasus aux plaques carbone
Nike a relancé la course aux records avec ses modèles à plaque carbone (Vaporfly, Alphafly) et sa mousse ZoomX. Pour l’entraînement, la Pegasus, produite depuis 1983, reste une valeur sûre. La Vomero joue la carte du confort. Formes souvent étroites : essaie avant d’acheter.
Adidas, entre Boost et Lightstrike Pro
Adidas s’est fait un nom avec la mousse Boost (Ultraboost) puis avec la gamme Adizero, très présente sur les marathons élites. L’Adios Pro cible la compétition. La Boston sert aux séances rapides. L’Adizero Evo SL a démocratisé la mousse Lightstrike Pro à un tarif plus accessible.
Saucony, le rapport qualité-prix américain
Née en 1898 en Pennsylvanie, Saucony propose la Ride (entraînement polyvalent), la Triumph (amorti généreux, appréciée des gabarits lourds) et la famille Endorphin pour les allures soutenues. Ses modèles de l’année précédente se trouvent souvent à prix cassés, ce qui en fait une bonne piste pour équiper un débutant sans se ruiner.
New Balance, le chaussant le plus large
New Balance se distingue par ses déclinaisons en plusieurs largeurs, un vrai plus pour les pieds larges ou volumineux. La Fresh Foam 1080 est sa chaussure amortie de référence. La FuelCell Rebel mise sur la légèreté et la FuelCell SC Elite sur la compétition.
Les outsiders : Mizuno, On et Kiprun
Mizuno garde ses fidèles grâce à sa plaque Wave, qui stabilise la foulée : la Wave Rider en est le modèle historique. La marque suisse On, fondée en 2010 à Zurich, a séduit avec ses semelles alvéolées CloudTec et son design soigné ; le ressenti est plus ferme que chez Hoka et les prix sont élevés. Kiprun, la marque running de Decathlon (ex-Kalenji), a fait un bond qualitatif ces dernières années et offre le meilleur ratio prix/performance du marché français, avec une bonne partie de la gamme sous les 130 €.
| Marque | Point fort | Modèles repères | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Asics | Amorti et gammes lisibles | Gel-Nimbus, Gel-Kayano, Novablast | Tous niveaux |
| Brooks | Confort et durabilité | Ghost, Glycerin, Adrenaline GTS | Gros volume |
| Hoka | Amorti maximaliste | Clifton, Bondi, Speedgoat | Longues distances |
| Nike | Innovation, plaques carbone | Pegasus, Vomero, Vaporfly | Pieds fins, chrono |
| Adidas | Dynamisme | Adizero Evo SL, Boston, Adios Pro | Séances rapides |
| Saucony | Rapport qualité-prix | Ride, Triumph, Endorphin | Budget maîtrisé |
| New Balance | Largeurs multiples | Fresh Foam 1080, FuelCell Rebel | Pieds larges |
| Kiprun | Prix contenu | Gamme KD et KS | Petit budget |
Quelle marque choisir selon ton profil
Pas de podium universel. Voici les pistes les plus cohérentes selon les profils qu’on croise le plus souvent :
- Tu débutes : une chaussure neutre et amortie de milieu de gamme suffit largement (Asics Gel-Cumulus, Brooks Ghost, Saucony Ride, Kiprun). Inutile de viser le haut de gamme avant d’avoir couru trois mois régulièrement.
- Tu dépasses 85 kg : privilégie une semelle épaisse et une mousse qui ne s’affaisse pas trop vite (Saucony Triumph, Asics Gel-Nimbus, Hoka Bondi, Brooks Glycerin).
- Ta pronation est très marquée : teste les modèles stabilisateurs (Asics Gel-Kayano, Brooks Adrenaline GTS, Mizuno Wave Inspire), en gardant le confort comme juge final.
- Tu cours après le chrono : une chaussure de séance (Adidas Boston, Saucony Endorphin Speed) en complément de ta paire d’entraînement, puis un modèle à plaque carbone réservé aux courses.
- Tu as le pied large : New Balance et ses largeurs. Brooks et Hoka existent aussi en version « wide ».
- Tu sors des sentiers : passe sur une chaussure de trail à crampons (Hoka Speedgoat, Salomon, Asics Trabuco). Un modèle route sur chemin humide, c’est le grip d’une savonnette.
Pour les compétitions sur route homologuées, World Athletics limite l’épaisseur de semelle à 40 mm. Certaines chaussures d’entraînement maximalistes dépassent cette limite : à vérifier si tu vises un chrono officiel.
Attention aux plaques carbone
Ces chaussures modifient la mécanique de la foulée et chargent davantage les mollets et le tendon d’Achille. Introduis-les progressivement sur des séances courtes. Garde-les ensuite pour les jours de course. Pour un débutant, elles n’apportent rien qu’un plan d’entraînement sérieux n’apporterait mieux.
Côté budget, compte en général 120 à 180 € pour une chaussure d’entraînement de grande marque au prix catalogue. Un modèle de compétition à plaque carbone dépasse souvent 250 €. Les versions de l’année précédente se trouvent régulièrement avec 30 à 40 % de remise : le gain technique d’une génération à l’autre est souvent minime.
Pour approfondir l’entraînement et le matériel, tu trouveras d’autres guides dans notre rubrique course à pied et trail.
Essayer, entretenir et éviter les erreurs avant l’achat
Essaie tes chaussures en fin de journée : le pied a gonflé et se rapproche de son volume en course. Garde environ un centimètre (un pouce) entre ton orteil le plus long et le bout de la chaussure. Enfile tes chaussettes de course et trottine quelques minutes sur le tapis du magasin si possible. Ta pointure running dépasse souvent d’une demi-taille à une taille ta pointure de ville.
Une chaussure de route tient en moyenne 600 à 800 km selon ton gabarit, ta foulée et la mousse utilisée. Au-delà, l’amorti se tasse même si la semelle extérieure paraît intacte. Enregistre la paire dans ton appli d’entraînement pour suivre son kilométrage. Alterner deux paires laisse aussi à la mousse le temps de récupérer entre deux sorties.
Côté entretien, oublie la machine à laver et le radiateur : brosse souple, eau tiède, papier journal et séchage à l’air libre. La chaleur directe décolle les semelles.
Les erreurs les plus fréquentes sont toujours les mêmes. Acheter sur le look ou parce qu’un champion porte le modèle. Choisir une chaussure de compétition pour faire ses footings. Passer d’un drop de 10 mm à 4 mm sans transition. Garder la même paire 1 500 km par attachement. Et prendre sa pointure de ville sans essayer.
FAQ sur les marques de chaussures de running
Quelle est la meilleure marque de chaussures de running ?
Aucune ne l’emporte pour tout le monde. Asics, Brooks, Hoka, Nike, Adidas, Saucony et New Balance proposent toutes des modèles excellents. La meilleure est celle dont le chaussant convient à ton pied et dont la gamme correspond à ton usage : footing, longue distance, compétition ou trail.
Combien faut-il mettre dans une paire de chaussures de running ?
Pour courir régulièrement, une paire entre 100 et 150 € couvre la plupart des besoins, surtout si tu achètes la version de l’année précédente. Au-dessus de 200 €, tu paies surtout des mousses haut de gamme ou une plaque carbone, utiles pour la compétition.
Que vaut la marque On pour courir ?
On fabrique des chaussures de qualité au design soigné, avec un ressenti plutôt ferme lié à ses semelles alvéolées. Elles conviennent aux coureurs qui aiment sentir le sol. Leur prix reste élevé pour l’amorti proposé.
Les chaussures Kiprun de Decathlon valent-elles les grandes marques ?
Pour un débutant ou un coureur régulier, oui dans la plupart des cas. Kiprun a fortement progressé sur les mousses et la durabilité et propose des prix nettement inférieurs. Les grandes marques gardent l’avantage sur les modèles de compétition et la variété des chaussants.
Faut-il des chaussures différentes pour la route et le trail ?
Oui. Une chaussure de trail a des crampons, une semelle protectrice contre les cailloux et un maintien adapté aux dévers. Une chaussure de route est pensée pour l’amorti sur surface dure.
Tous les combien changer ses chaussures de running ?
En général entre 600 et 800 km. Les signes qui doivent t’alerter : un amorti qui paraît plat, une semelle intermédiaire plissée, des douleurs inhabituelles aux genoux ou aux tibias. À 25 km par semaine, compte six à huit mois.



