Faire le tour du monde à vélo, beaucoup en rêvent, très peu le font vraiment. Solidream est l’un des récits français les plus connus du genre : trois amis, trois années de route, plus de 54 000 km et un film comme un livre pour raconter le tout. Dans cet article, je te résume ce qu’on sait de ce projet, de son itinéraire, de ses chiffres, et surtout ce que tu peux en tirer si tu prépares ta propre aventure, même à une échelle plus modeste.
Bon à savoir
Les chiffres cités ici viennent des pages de l’éditeur du livre, de la France Vélo Tourisme, du festival Objectif Aventure et de la presse de l’époque. Quand les sources divergent (nombre de participants au départ, kilométrage annoncé), je le dis clairement.
Solidream, c’est quoi exactement ?
Solidream est un projet de voyage à vélo lancé en 2010 par des amis. Le noyau qui signe le livre et le film est composé de Brian Mathé, Morgan Monchaud et Siphay Vera. Siphay a aussi réalisé le documentaire. Le principe tient en une phrase : partir longtemps, à vélo, en passant par les pays qui font rêver comme par ceux que personne ne met sur une carte postale, et rencontrer les gens en chemin.
Un article publié à l’époque du départ, en septembre 2010, décrit un projet plus large : cinq vélos, une quarantaine de pays annoncés, environ 50 000 km, un départ de Montpellier le 29 août. Le budget visé était de 80 000 euros, dont 30 000 avaient été réunis auprès d’amis et d’entreprises, le reste venant de la poche des participants. L’équipe avait aussi monté une association pour porter le financement et prévoyait d’aller à la rencontre d’écoliers dans chaque pays pour parler de développement durable. Finalement, c’est un trio qui raconte le voyage dans le livre, ce qui rappelle une réalité simple : un projet de ce type évolue en route.
Le tour du monde en chiffres
| Repère | Ce que disent les sources |
|---|---|
| Départ | 2010 (annoncé depuis Montpellier le 29 août 2010 dans la presse de l’époque ; le récit publié part d’Afrique de l’Ouest) |
| Durée | Environ trois ans, de 2010 à 2013 |
| Distance | Plus de 54 000 km à vélo (50 000 km annoncés au départ) |
| Participants du récit | Brian Mathé, Morgan Monchaud, Siphay Vera |
| Accueil | Accueillis par plus de 200 familles en route, d’après le résumé de l’éditeur |
| Livre | « Solidream : trois ans de défis et d’amitié autour du monde », éditions Transboréal, 6 mars 2014 |
| Film | Documentaire de 90 minutes, projeté notamment au festival Objectif Aventure à Paris le 31 janvier 2015 |
L’itinéraire : du Sahara aux plateaux tibétains
Le résumé du livre donne le fil rouge. Les trois amis partent d’Afrique de l’Ouest, rejoignent Ushuaia, au bout de l’Amérique du Sud, puis embarquent pour la péninsule Antarctique. Ils remontent ensuite les Amériques à vélo, descendent le Yukon en radeau, avant de pédaler à travers l’Océanie, l’Asie du Sud-Est et l’immensité eurasienne.
Des milieux qui n’ont rien à voir
Entre le Sahara, l’Amazonie, l’Altiplano bolivien, la brousse australienne, le Cambodge, les plateaux tibétains et le Kirghizistan, le voyage empile des terrains, des climats et des altitudes très différents. Pour un cycliste, ça veut dire des pneus, un chargement et un rythme de journée à réadapter en permanence. Rouler des heures sur de la piste dans le désert n’a rien de commun avec une montée en altitude, où chaque coup de pédale se paie en souffle.
Des pauses qui ne sont pas du vélo
Ce qui rend Solidream plus riche qu’un simple compteur kilométrique, ce sont les parenthèses : une traversée vers l’Antarctique sur un voilier, une descente de rivière en radeau au Canada, du kitesurf à vélo en Australie. Un chroniqueur du film note que ces défis cassent la monotonie de la route. C’est aussi un bon réflexe de terrain : sur un long voyage, alterner les efforts évite de s’user mentalement.
Ce que Solidream raconte vraiment : l’amitié et l’accueil
Les critiques et les programmes du festival insistent tous sur le même point : le film parle autant des gens que des paysages. Le dossier de présentation cite l’hospitalité de communautés amazoniennes et des nuits sous la yourte d’un nomade kirghize. Le résumé du livre, lui, parle de plus de deux cents familles qui ont ouvert leur porte.
C’est le point à retenir si tu envisages un grand voyage à vélo : le matériel et la forme physique comptent, mais ce qui fait tenir trois ans, c’est la qualité du groupe et la capacité à accepter l’aide des autres. Quand tu es crevé, sous la pluie, avec un vent de face depuis trois jours, la solidité de l’équipe vaut mieux qu’un dérailleur haut de gamme.
Et après le tour du monde : le Pamir en vélos de bambou
Le trio n’a pas rangé les vélos après 2013. De juin à septembre 2015, Morgan Monchaud, Siphay Vera et Brian Mathé sont repartis pour environ 3 000 km dans le Pamir tadjik, avec des passages en altitude. Cette fois, ils roulaient sur des fat bikes en bambou conçus par In’Bô, un projet de jeunes ingénieurs français.
Le voyage a donné « Les œuvres du Pamir », un documentaire de 52 minutes en autoproduction, réalisé avec des artisans locaux et des partenaires comme l’ONG PECTA et la Aga Khan Foundation. Une partie du financement venait de campagnes participatives, dont certains fonds servaient à rémunérer directement des initiatives locales montrées dans le film. Preuve qu’un projet d’aventure peut évoluer vers quelque chose de plus engagé que le simple défi sportif.
Préparer un grand voyage à vélo : les leçons à retenir
Solidream n’est pas un mode d’emploi, mais le projet illustre des points très concrets. Voici ceux que je retiens de mon côté, en tant qu’ancien encadrant qui a vu passer beaucoup de projets ambitieux qui s’arrêtent à l’étape du plan.
Fixer le budget avant le départ
Le budget visé à l’époque, 80 000 euros pour une équipe de cinq, montre l’ordre de grandeur d’une expédition longue. Un tour du monde ne se finance pas au dernier moment. Prévois un budget réaliste, une marge pour les imprévus (réparations, visas, transports obligatoires) et une réflexion sur ce que tu peux financer toi-même.
Choisir ses compagnons
Partir à plusieurs a des avantages : on se répartit le matos, on s’entraide en cas de pépin, on partage les moments forts. Mais vivre trois ans en groupe oblige à gérer les tensions. Le fait que l’équipe soit passée de cinq annoncés à trois auteurs illustre ce phénomène : tout le monde ne va pas au bout du même rêve.
Anticiper les saisons et les terrains
Les organisateurs avaient prévu dès le départ d’éviter la mousson en Asie et l’hiver en Alaska. Sur un parcours mondial, l’itinéraire se construit autour de la météo, pas l’inverse. Pour chaque région traversée, regarde les périodes praticables, l’altitude et l’autonomie nécessaire en eau et en nourriture.
Rester ouvert aux rencontres
Plus de deux cents familles d’accueil, ça ne se planifie pas : ça se mérite en prenant le temps de s’arrêter, de parler, de partager un repas. Un voyage où tu ne vois que ton compteur passe à côté de l’essentiel.
Astuce de Thomas
Avant de rêver au tour du monde, teste ton binôme ou ton équipe sur un week-end de bikepacking, puis sur une semaine. Si le groupe tient sous la pluie avec un pneu à réparer, il tiendra beaucoup plus longtemps.
Pas besoin de trois ans pour vivre une aventure à vélo
Tu n’as pas à viser 54 000 km pour retirer quelque chose de cette histoire. Une traversée d’une région en cinq jours, un tour de France à l’allure tranquille ou un week-end itinérant sont de très bonnes écoles. Si tu hésites sur le type de vélo, mon point sur le vélo de route et le VTT t’aidera à trancher selon ton terrain.
Pour d’autres façons de goûter à l’aventure sans partir un an, jette un œil à nos idées d’activités en plein air, à la préparation d’un séjour sportif en montagne ou à l’organisation d’un road trip. Le principe reste le même : un objectif clair, un budget tenu et des compagnons de route fiables.
Questions fréquentes
Qui sont les membres de Solidream ?
Les trois auteurs du livre et du film sont Brian Mathé, Morgan Monchaud et Siphay Vera. Un article de 2010 évoquait une équipe plus large au départ, avec cinq vélos annoncés.
Combien de temps a duré le tour du monde Solidream ?
Environ trois ans, entre 2010 et 2013, pour plus de 54 000 km parcourus à vélo selon l’éditeur et le festival Objectif Aventure.
Où peut-on voir le film Solidream ?
Le documentaire de 90 minutes a été projeté au festival Objectif Aventure à Paris en janvier 2015, puis lors de projections organisées par des cinémas et des associations. Vérifie les séances à venir sur le site officiel du projet.
Existe-t-il un livre sur Solidream ?
Oui, « Solidream : trois ans de défis et d’amitié autour du monde », publié par les éditions Transboréal le 6 mars 2014, signé Brian Mathé, Morgan Monchaud et Siphay Vera.
Quels pays ont-ils traversés ?
Les sources citent l’Afrique de l’Ouest, le Sahara, la Bolivie, le Yukon, l’Australie, le Cambodge, le Tibet et le Kirghizistan. Aucune liste complète des pays n’est publiée dans les pages que j’ai consultées.
Que s’est-il passé après le tour du monde ?
En 2015, le trio a fait environ 3 000 km dans le Pamir tadjik à bord de fat bikes en bambou, ce qui a donné le documentaire « Les œuvres du Pamir ».
Peut-on partir faire un tour du monde à vélo sans être sportif de haut niveau ?
Oui, à condition de rouler à ton rythme, de monter en charge progressivement et de t’accorder des jours de repos. Le mental et l’organisation comptent autant que la condition physique. Commence par un voyage de quelques jours pour tester ton matériel et ton endurance.



