Une montée qui essouffle, un sac qui tire sur les épaules, des jambes moins sûres au retour : la fatigue peut vite compliquer une sortie de chasse. Pour préparer sa condition physique avant l’ouverture, misez sur une marche régulière, du renforcement musculaire et un travail de l’équilibre. Le but n’est pas de devenir un athlète, mais de conserver assez d’énergie et de stabilité pour rentrer dans de bonnes conditions.
Partir des contraintes de ses sorties, pas d’un programme sportif standard
Votre préparation doit correspondre aux efforts que vous fournissent vos sorties. Pour la chasse à l’approche, travaillez la marche prolongée, les changements d’allure et les déplacements contrôlés. En montagne, ajoutez progressivement du dénivelé. Les descentes sollicitent les jambes et demandent de garder des appuis stables. À l’affût, prenez aussi en compte le trajet d’accès et la mobilité nécessaire après une période d’immobilité.

Commencez par une sortie facile, sans chercher à atteindre vos limites. Observez votre respiration, votre aisance dans les escaliers et votre récupération le lendemain. Ces repères vous aideront à définir une charge de travail réaliste. En cas de douleur persistante, de maladie chronique ou de longue période de sédentarité, demandez un avis médical avant de reprendre un entraînement soutenu.
Anticipez également le retour. La distance, le relief et le poids du sac peuvent rendre la seconde partie de la sortie plus difficile que l’aller. Choisissez un parcours compatible avec votre forme du jour, et pas seulement avec votre enthousiasme au départ. Cette précaution compte particulièrement si vous reprenez l’activité ou si le terrain est accidenté.
Construire l’endurance avec une progression facile à tenir
Commencez plusieurs semaines avant l’ouverture, assez tôt pour installer une routine sans devoir accélérer brutalement. La marche active est la base la plus directement utile. Le vélo, le rameur ou la course à pied peuvent compléter votre entraînement, mais ne remplacent pas totalement l’adaptation des pieds et des jambes aux chemins et aux sentiers.
Pour une personne déjà active, un objectif possible est de prévoir 2 jours de cardio par semaine, à raison d’une heure par séance, soit au minimum 2 heures hebdomadaires. Si vous reprenez, commencez par des séances plus courtes. Gardez une allure qui vous permet encore de parler. Augmentez d’abord la durée, puis ajoutez du relief ou une charge. Évitez de modifier tous ces paramètres en même temps.
Un effort à 80 à 85 % de la fréquence cardiaque maximale est soutenu. Ce repère ne doit pas devenir une cible systématique pour les longues marches, surtout si vous débutez. La plupart des sorties d’entraînement gagnent à rester progressives : vous devez pouvoir les terminer sans épuisement et récupérer correctement avant la suivante.
- Au début, choisissez un parcours régulier et portez un sac léger.
- Quand ces sorties deviennent plus faciles, ajoutez des côtes et des portions de sentier irrégulier.
- À l’approche de l’ouverture, testez vos chaussures et votre sac sur une sortie maîtrisée, sans chercher l’épuisement.
Cette progression permet aussi de repérer les difficultés avant la saison. Si une chaussure frotte ou si le sac gêne votre marche, mieux vaut le constater pendant une sortie d’entraînement que lors d’une longue journée sur le terrain.
Renforcer les appuis, le dos et le contrôle du corps
Les cuisses et les fessiers vous aident à monter, à vous relever et à freiner en descente. La sangle abdominale stabilise le tronc, tandis que le dos et les épaules participent au portage. Pour organiser des séances à domicile en complément de vos sorties, vous pouvez consulter cette page. Choisissez des exercices adaptés à votre niveau et privilégiez des mouvements bien contrôlés.
| Besoin sur le terrain | Exercice accessible | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Monter et se relever | Squat vers une chaise, montée sur une marche basse | Garder des appuis stables et contrôler la descente |
| Stabiliser le bassin et le tronc | Pont fessier, gainage adapté | Respirer sans creuser excessivement le dos |
| Supporter le sac | Tirage avec élastique | Éviter de hausser les épaules |
| Assurer les changements d’appui | Équilibre sur un pied près d’un support | Commencer sur un sol ferme, sans charge |
Prévoyez 1 jour par semaine de renforcement du bas du corps et 1 à 2 jours pour le tronc. Vous pouvez regrouper les exercices en séances de 30 minutes. Un format de 3 ou 4 exercices, avec 3 ou 4 séries de 10 à 20 répétitions, peut convenir à une personne entraînée. Si vous débutez, réduisez le nombre de séries ou de répétitions. Pour le gainage, préférez une tenue brève et bien maîtrisée à une position prolongée que vous subissez.
Les bâtons peuvent offrir un appui utile en descente, mais ils ne doivent pas masquer un manque de contrôle. Entraînez aussi les changements d’appui sans bâtons, près d’un support stable : posez le pied, stabilisez le bassin, puis déplacez le corps. Cette habitude est utile lorsqu’une main est occupée ou qu’un bâton glisse. Pour progresser, commencez sur un sol ferme et ajoutez de la difficulté seulement lorsque le mouvement reste sûr.
Préserver ses capacités jusqu’au dernier kilomètre
Avant chaque séance ou départ, consacrez 5 à 10 minutes à un échauffement dynamique. Marchez progressivement, mobilisez les chevilles et les épaules, puis faites quelques flexions légères. Après l’effort, des étirements doux de 20 à 30 secondes peuvent aider à retrouver de l’aisance. Ne forcez pas et ne cherchez pas à étirer une zone douloureuse.
Prévoyez une réserve d’eau en fonction de la durée de la sortie, de la chaleur et des possibilités de ravitaillement. Au moins 2 litres peuvent servir de repère logistique pour une sortie prolongée, mais ce n’est pas une quantité universelle à boire quelles que soient les conditions. Buvez régulièrement et emportez une collation que vous connaissez pour les efforts longs.
Le sommeil et les journées faciles font partie de la préparation. Si vos jambes restent lourdes ou si une douleur modifie votre façon de marcher, réduisez la charge plutôt que d’essayer de rattraper une séance. Sur le terrain, raccourcir le parcours ou demander de l’aide pour transporter une charge vaut mieux qu’un retour déséquilibré. Une bonne préparation se reconnaît aussi à la lucidité et au contrôle que vous gardez en fin de journée.



